Artist Pamela Chrabieh’s “Peace Collection” in Indelible Dubai

I was born and raised in the 1970s-1980s war in Lebanon. My experience as a war survivor has marked my writing and art, as has fueld my quest for peace.

As I see it, peace is not only about ceasefires, the end of bloodshed, the absence of hostilities, and a state of mutual concord between governments, as war is both “physical” and “psychological”.

Peace is about accountability for violence, openness, generosity, clemency, and catharsis.

Peace is and should be a transformation process within mindsets, a celebration of interconnected life and unity in the diversity of complex identities.

As long as the legacy of violence is not addressed within ourselves and our societies, we will remain lost, cut off from connection, living in a never-ending apocalypse of carnages and tortured souls and bodies.

Dr. Pamela Chrabieh is a scholar, writer, visual artist, and activist. Author of several books and papers with a 20+ year experience in higher education, communication, content creation, and the arts, she has exhibited her artworks in Canada, Lebanon, the United Arab Emirates, and Italy. Previously Associate Professor of Middle Eastern Studies at the American University in Dubai, she currently owns and manages a Beirut-based company offering expertise in Learning and Communication. 
http://pamelachrabiehblog.com and http://spnc.co

Source: Indelible

Appel à une médecine d’urgence au Liban

“L’interdiction du concert de Mashrou’ Leila et la polémique qui fait rage depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux m’ont fait penser aux écrits de Mohammad Arkoun, éminent érudit algérien qui remit en question la cristallisation de plusieurs types de discours, notamment religieux.

Arkoun plaidait pour une pratique intellectuelle libre et libératrice, dans une perspective de dépassement dégagée des postulats dogmatiques, ce qui malheureusement est devenu une denrée rare au Liban.

En effet, face à la montée des fanatismes, l’exacerbation des identités meurtrières, le recul des libertés, la sacralisation de la politique et la radicalisation des discours et pratiques, on ne peut qu’appeler à promouvoir cette pensée en tant que médecine d’urgence : une pensée humaniste, ouverte au semblable et au différent, conviviale, incitant à l’écoute mutuelle, au respect et à la désinstrumentalisation du religieux lorsqu’il est à la merci – souvent de façon outrancière – des manipulations idéologiques.

Cette pensée aiderait une partie des Libanais à désapprendre ce qu’ils ont appris suite à des décennies de guerres et de propagation de la peur de l’autre. Désapprendre est un processus et une éducation visant la sortie du système d’exclusion mutuelle, en appliquant l’exercice de la « subversion », qui n’est nullement une destruction ou un rejet, mais qui essaye de comprendre le pourquoi et le comment des choses, de problématiser le canevas épistémologique articulant chaque discours et/ou expression (religieux, politique, littéraire, artistique, etc.).

N’est-il pas temps, en effet, de déconstruire – lorsqu’il le faut – les systèmes de construction du savoir prétendant détenir « la vérité » et offrir des effets de sens ? Et de poser les questions suivantes : jusqu’à quel point les Libanais sont-ils conscients des dimensions idéologiques de leurs discours et de leurs actions ? Quelles structures cognitives emploient-ils dans le but d’interpréter « leurs religions » ? Jusqu’à quel point développent-ils une relation critique entre leur passé et leur présent afin d’avoir un meilleur contrôle sur le futur, et comment cette relation pourrait-elle être effective et créatrice ?

En d’autres termes, nous avons besoin d’une archéologie de discours sédimentés et d’évidences sclérosées, afin de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproques l’exigence d’une solidarité – voire d’une interpénétration –, en vue de l’exorcisation de la crainte de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs, et afin de dépasser les systèmes de production du savoir, qu’ils soient religieux ou non, qui tentent d’ériger le local, l’historique contingent, l’expérience particulière en universel, en « transcendantal », en « sacré irréductible ».

L’objectif n’est pas de dévaloriser les religions ni les appartenances religieuses, mais d’y puiser ce qui pourrait favoriser l’éclosion de lectures et de pratiques renouvelées de la gestion des diversités au Liban, tout en opérant une ouverture aux discours et pratiques non religieux.

De ce fait, nous sommes appelés à nous engager dans le terrain de la complexité identitaire, à dépasser les frontières dites immuables entre individus et communautés, à sortir des ghettos, à être à l’écoute des attentes et des aspirations de toutes les composantes de la société, à transformer le regard sur l’autre afin qu’il soit dénué de tout projet d’autojustification et le regard sur soi-même pour qu’il ne se complaise pas dans des poncifs convenus”.

Dr. Pamela Chrabieh

L’Orient-le-Jour, Beyrouth, 01/08/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1181145/appel-a-une-medecine-durgence-au-liban.html

Pop Culture and Social Media in the Arab World

I was interviewed by Terrance Mintner about Pop Culture and Social Media in the Arab World. Here are excerpts of the interview: 

Dr. Pamela Chrabieh, a Beirut-based writer and activist, told The Media Line that young people in the Arab world are using Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, WhatsApp and Snapchat at an increasingly faster rate despite government controls and restrictions.

“Several studies conducted in the last decade have shown that pop culture and social media have helped Arab youth express and promote alternative political and social discourses and practices to the ‘official, normative, and institutional’ ones,” she said.

Although social media offers opportunities for creative expression and interaction, Chrabieh explained, there are many young people who must use these mediums while constantly negotiating complex and layered pressures to maintain online identities that meet the expectations of their societies, especially in the Gulf region.

“Fageeh’s work [generating online videos, for example] is one of many initiatives in the Arab world that addresses social and political issues. In fact, there has been an explosion of artistic and cultural productions since the 2000s in the forms of music, poetry, theater, graffiti, movies, etc.,” Dr. Chrabieh noted.

“There are of course cultural icons or ‘figureheads’ but we are witnessing the rise and proliferation of cultural democratization and transnational cultures [global cultures], especially when it comes to street art, videos and digital expression.”

Popular culture in the Arab world should not be viewed as byproduct of the Arab Spring, she explained. Even before the uprisings, it played a significant role in creating social and political transformations in response to what she termed “Ottoman and European colonialization.

“Lastly, it is hard to characterize Arab pop culture as one category given the diverse political institutions, regional history and the many different discourses about identity. Nevertheless, popular culture can help make sense of this complexity.”

READ THE FULL ARTICLE HERE (February 27, 2019)